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À tous ceux qui justifient les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis en août 1945 en invoquant la nécessité de sauver des vies de soldats américains et refusent d’y voir un des principaux crime contre l’humanité du XXième siècle, voici ce que nous pourrions dire : pour mettre à genoux définitivement le Japon il suffisait d’utiliser une bombe nucléaire contre des objectifs purement militaires, ou industriels ou encore contre un symbole japonais (comme le Mont Fujiyama), la démonstration de force eut évidemment suffit à plier toute volonté japonaise de poursuivre un combat déjà perdu, alors même que des dizaines de villes japonaises venaient auparavant d’être rayées en toute ou partie de la carte par les bombardements plus classiques de l’armée américaine ; preuve, s’il en était besoin, que l’objectif des États-Unis avec la destruction de cibles purement civiles et l’anéantissement de populations clairement visées n’était pas de hâter les négociations avec les Japonais qui n’en pouvaient plus, mais bien de lancer un message au reste du monde, message d’après lequel tous ceux qui décideraient de se frotter à la puissance américaine pourraient subir le même sort et être ainsi victimes d’actes de terrorisme de masse, comme personne n’en avait encore vus sous cette forme dans l’Histoire des hommes, d’actes ne répondant pas à une stratégie immédiate de victoire dans une guerre en cours, mais d’actes pour projeter sa puissance dans le siècle, d’actes de communication pouvant faire couler des torrents de sang innocent afin de faire passer le message voulu aux potentiels concurrents, d’actes quasiment irrationnels auxquels seule la déraison d’un État cherchant à tout prix l’hégémonie solitaire sur la planète pouvait conférer un semblant d’humanité.

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3 Responses to LE MYTHE D’HIROSHIMA EXPLIQUÉ EN UNE PHRASE – par Guillaume de Rouville

  1. Pierre Adler dit :

    Bien vu et bien dit!

    J’ai moi-même cherché à publier cette vérité dans des termes un peu différents au cours des semaines qui suivirent le 11 septembre 2001 — par exemple, sur le site du Nouvel Obs, mais mon commentaire fut censuré.

    Connaissez-vous le travail du philosophe allemand Günther Anders? C’est dommage, il est peu connu, mais un de ses ouvrages a enfin été traduit en français: il s’agit de « Hiroshima est partout ».

  2. debourgogne dit :

    Je suis d’accord avec votre analyse. Je pense que c’est ainsi que l’on peut dégager une définition possible du terrorisme d’état. Faire passer un message claire de potentiel de destruction au delà de ce que les concurrents politiques diplomatiques ou militaires peuvent supporter. Par ailleurs l’argument classique selon lequel envahir le Japon aurait coûté trop de vies américaines me semble fallacieux car les objectifs concernant le Japon semble prioritairement 1) neutralisation de la puissance militaire et 2) vassalisation économique ces deux objectifs aurait pu se dispenser de cette démonstration de terreur. Par ailleurs la question militaro-technologique est centrale, en effet lorsqu’un système militaire à nécessité autant d’investissement la pulsion de test est plus forte que toute considération. Chaque guerre est une occasion de tester des nouveaux systèmes d’armes quel qu’en soit les conséquences (phosphore, uranium appauvri…). Irrationnel n’est pas selon moi la bonne formule, je dirais plutôt machiavélisme au sens triviale de cynisme intégrale où le monde est regardé comme un jeu au croisement des « échecs », de la « bataille navale » et du « monopoly » difficile ici d’infiltrer la notion d’humanité lorsque l’on manipule des pièces en plastique ou en bois sur une carte.

  3. Pierre Adler dit :

    Un livre important sur la question que je viens d’acquérir:

    Robert Jay Lifton et Greg Mitchell, Hiroshima in America. Fifty Years of Denial (Putnam’s Sons, New York, 1995).

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