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Pensées éparses sur la Nouvelle Normalité

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I

 

Depuis le début de la crise du Covid-19 nous vivons une expérience orwellienne à l’échelle planétaire, une sorte de test mis en scène par nos élites mondialistes, visant à éprouver la résistance de nos corps et de nos âmes au burin compresseur et sadique de la Nouvelle Normalité.

Il fallait une crise pour entériner la faillite d’un système à bout de souffle et imposer la révolution nécessaire au triomphe du Monde d’Après. Il fallait une peur mondiale pour accoucher d’un gouvernement mondial. Il fallait un événement auquel nul ne puisse échapper, ni par la pensée, ni par le corps. Il fallait une opportunité et un miracle totalitaires.

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Nous vivons et expérimentons un projet révolutionnaire dont les meneurs sont quelques milliardaires réunis au sein du Forum Économique Mondial de Davos qui annoncent eux-mêmes les trois axes de la révolution à venir : (i) la disparition de l’industrie basée sur les énergies fossiles (désindustrialisation et disparition des ouvriers au nom du progressisme écologique et de la haine du CO2) ; (ii) la digitalisation à outrance de l’économie et des rapports humains (Intelligence Artificielle et trans-humanisme) ; (iii) la lutte contre les discriminations, c’est-à-dire le contrôle et la criminalisation de l’homme blanc occidental, chrétien et hétérosexuel qui ne pourra qu’acquiescer à tous les délires et revendications particularistes des mille minorités rendues trop visibles. Ces minorités, transformées en foules hystériques, endosseront le rôle des représentants en mission de la révolution culturelle destinée à terroriser et traquer les partisans de l’ancien monde.

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Cette révolution, ils l’appellent le Great Reset ou la Grande Réinitialisation[1], résultat de leur grande marche vers la disparition progressive du réel. Ils feront donc table rase du passé, détruiront les derniers restes (du festin) des États-Nations, abattront les frontières physiques et substitueront à la peur des guerres entre pays, la peur des pandémies, la peur du réchauffement climatique, la peur des pensées réactionnaires et « déviantes ». La peur sera permanente, omniprésente et il nous sera demandé d’y vouer un culte aveugle de dévotion et de soumission.

La Distanciation Sociale généralisée (frontière transparente et invisible entre les êtres) est le premier acte du refus du réel et de l’apparition d’un monde factice, contrôlé et surveillé, où les rapports humains sont digitalisés et soumis à la censure des réseaux sociaux en charge de normaliser la société à coup d’algorithmes choisissant pour nous les paroles et les images autorisées à atteindre nos sens dépourvus désormais de leurs capacités critiques.

 

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Ils étaient milliardaires hier et doivent tout au système d’avant. Ils devancent ainsi la chute de leur ancien empire (que les mouvements populistes étaient en train de bousculer ici et là) pour en bâtir un nouveau dont ils sauront tirer tout aussi bien les profits prometteurs.

Ils ont précipité la ruine de l’ancienne économie pour laisser le champ libre à la nouvelle, basée sur l’Intelligence Artificielle et les énergies renouvelables, sans jamais lâcher les rênes de leur pouvoir ni les plaisirs de leur domination. Ils ont devancé le chaos annoncé pour choisir les digues qui devront céder et les territoires qui devront disparaître.

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La nouvelle harmonie qu’ils annoncent se fera donc sur le dos des pauvres et des classes trop moyennes, pas assez intelligents pour mériter un travail, et qui se verront à la fois (i) dépouillés de leur fierté par un revenu universel qui les transformera en mendiants éternels destinés à l’obésité des plaisirs médiocres et (ii) privés d’une révolution qui se fera sans eux et à leurs dépens. Il n’y a plus besoin d’agiter le peuple avant de s’en servir ; il suffit désormais de le déclarer obsolète pour l’asservir.

Devançant ainsi la chute chaotique de leurs privilèges, les milliardaires de Davos s’en assurent de nouveaux en contrôlant la direction du chaos à venir et volent ainsi tout espoir révolutionnaire à la barbe des gilets jaunes, des déplorables et des sans-dents. La révolution sera donc mondialiste ou ne sera pas.

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Nos comportements sont désormais soumis à des rituels sanitaires ésotériques, contradictoires et inutiles, comme pour nous habituer à une nouvelle religion (le New Normal), mais une religion sans autre fondement que la surveillance et la répression, sans autre révélation que le néant matérialiste, scientiste et digital, sans autre métaphysique que celle de la domination.

Dès le plus jeune âge, nous serons invités à réciter par cœur les injonctions paradoxales de notre credo sanitaire et moral : « Le masque est utile quand il ne sert à rien » ; « la peur nous rassure » ; « le confinement c’est la liberté » ; « les distanciations sociales nous rapprochent » ; « pour aimer les autres il faut s’en éloigner », etc.

Nous serons invités à dénoncer les déviants qui, par leurs comportements irresponsables, mettront l’humanité en danger. Les complotistes (autrement dit, les esprits cartésiens) seront comparés à des déchets et selon leur classification bureaucratique dans le nouveau code écolo-sanitaire seront envoyés dans des prisons (vidées auparavant de leurs délinquants de droits communs), dans des hôpitaux psychiatriques, des camps de rééducation ou, plus simplement, destinés au grand tri sélectif de l’écologie morale, c’est à dire recyclés dans la nouvelle société, s’ils sont amendables, ou euthanasiés avec du Rivotril, s’ils persistent dans leur hérésie.

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Les révolutionnaires de Davos voient dans la Peur le moteur de l’histoire bien plus que dans la Lutte des Classes.

Ils nous ont donc terrorisés en utilisant la peur comme moyen de conquête des corps et des esprits.

La peur du terrorisme, la peur du réchauffement climatique et la peur des pandémies : soit trois peurs qui forment la sainte trinité de leur hystérie collective permanente et mortifère, composantes liquides d’une idéologie qui s’acharne à tuer le logos et à paralyser les corps.

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Demain dès l’aube, il sera exigé de chacun d’entre nous que nous basculions dans l’autocensure, l’autocontrôle et pourquoi pas, dans l’auto-répression. L’honnête homme sera celui qui met un masque et soumet tout son être à un rituel mysophobique obsessionnel et abandonne sans broncher toutes ses libertés s’il est menacé d’une simple amende. L’honnête homme dénoncera son voisin si ce dernier ose encore embrasser sa mère sur le front. L’honnête homme se suicidera, si malgré toutes les précautions qu’il aura prises, il tombe malade et éternue.

Il se suicidera pour respecter la peur des autres.

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L’un de ces prophètes du mondialisme, cette forme édulcorée et présentable du messianisme communiste, nous annonçait, il y a quelques mois, la bonne nouvelle en ces termes : « L’auto-surveillance technologique est aussi un moyen de liberté. Si je me surveille moi-même et que j’en tire des conclusions pour moi, la technologie me permet d’être plus libre et non pas plus soumis. » (Jacques Attali – 20 avril 2020 – France24)

Autrement dit, la servitude volontaire nous rendra libres.

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La technologie nous libérera de toutes les peurs. Il suffira de nous en remettre à des modèles mathématiques, à des algorithmes obscurs pour trouver la vérité en toutes choses et la paix intérieure.

La peur nous contrôlera et les Tyrans de la Tech[2] contrôleront la peur. Des codeurs besogneux seront ainsi devenus les maîtres du monde et nous serons heureux de nous soumettre à leurs prédictions (« foireuses » il va sans dire) qui façonneront la Nouvelle Normalité de la nouvelle humanité.

Pour reprendre à nouveau les paroles du prophète : « Ce qui va se produire, de toute façon, c’est l’émergence de la technologie comme un facteur majeur de la gestion des sociétés » (Jacques Attali – 20 avril 2020 – France24).

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Journal du monde réel (28 mai 2039) :

« Depuis le début, c’était cela leur projet, faire de nous des milliards de solitudes. Nous faire tourner en rond sur nous-mêmes dans de petits cercles tracés à la craie au début, quand nous faisions la queue avant d’entrer dans un magasin pour acheter du pain ou pour séparer les enfants dans les dernières cours de récréation qui existaient encore, puis, quand le monde réel a été supprimé pour de bon, ils ont dessiné un nouveau cercle virtuel dans leurs enfers digitaux et nous y ont laissés perdre le sens des réalités. »

 

II

 

Le gouvernement mondial sera au bout de leur vaccin. Et au bout du vaccin, sera le transhumain, mi bête mi machine, bien au-delà de l’humain pour savoir encore ce qu’il est (une conscience ou un programme, une liberté ou un protocole, un destin ou une fatalité).

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Le principe de précaution (celui de l’écologie mondialiste et morale) nous dit que la liberté est dangereuse puisque la liberté c’est l’incertitude. Il faut donc éradiquer la liberté devant la nécessité absolue de contrôler le monde pour en réduire les risques.

Le mondialisme est l’idéologie d’un monde sans risque. Un monde où toutes les incertitudes ont été soumises à l’analyse de modèles et d’algorithmes prédictifs pour être cernées, maîtrisées, détruites, anéanties, exterminées.

Des risques imaginaires sont ainsi prédits à l’infini pour maintenir le monde sous le joug du principe de précaution. Puisque le pire est toujours possible, ils prédisent donc toujours le pire.

Il leur suffit d’ajuster leurs modèles à leurs fins et le tour est joué. Ensuite, les relais médiatiques serviles n’ont plus qu’à répéter les apocalypses pronostiquées par quelques équations pour que le bourgeois cultivé soumette toute sa perception du monde au principe de précaution (écologique et sanitaire) qui devient sa norme indépassable.

Ils nous offrent, de la sorte, leur vérité, sous la forme d’un paradoxe orwellien : pour éliminer le risque, ils disent que le risque est partout.

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La devise de ceux qui voudraient devenir nos maîtres éternels est belle comme la devise d’une République qui se voudrait universelle : « Prédire, contrôler et punir ».

Tout doit être prédit, déterminé, certain, maîtrisé, absolu ; l’incertitude, le doute, le risque, sont vus comme les ennemis du Régime de la Nouvelle Normalité.

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Le risque c’est donc l’ennemi (d’autant plus redoutable qu’il est incertain, potentiel, hypothétique).

Pour vaincre l’ennemi insaisissable, il ne sera plus permis de parler aux autres qu’à travers un masque ou un téléphone. L’amour aussi sera digitalisé pour réduire à néant le risque d’enfanter la mort et la maladie. La distanciation sociale deviendra notre mode de (sur)vie.

Restez chez vous. Ou il vous en coutera votre travail, votre réputation sociale, votre avenir parmi nous. Restez chez vous et vous serez un bon citoyen. Osez sortir est vous serez un assassin. Vous serez condamné pour avoir fricoté avec le risque et avoir mis les autres en danger.

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Entre vous et le monde il y aura toujours un rideau (de fer) digital, un cordon sanitaire entre votre propre corps et celui de l’autre ; une distance (sociale et morale) invisible, mais infranchissable. Entre votre regard et le monde, vous ne serez plus seul : l’intelligence artificielle sera le troisième œil (celui des Tyrans de la Tech et non pas de Moscou).

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Le vaccin sera la quintessence de la science au service du contrôle social. Avec son puçage et ses nanoparticules, il fera de chacun d’entre nous des prisons pour nous-mêmes. Nous serons devenus notre propre enfermement. Le contrôle, le maton, la punition, seront dans nos cellules. Je serai mon propre enfer.

Nous nous surveillerons nous-mêmes plus durement encore que le kapo écolo qui nous aura châtiés pour avoir mis du carton dans le bac de recyclage destiné à recevoir les bouteilles en verre.

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Après le contrôle, il faut punir. Pour se faire plaisir d’abord ; pour donner les hérétiques en mauvais exemple ensuite ; pour terrifier ce qu’il reste de liberté au fond de chacun d’entre nous enfin.

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Tous ceux qui refusent de se laisser envahir et guider par la peur du réchauffement climatique anthropique, du terrorisme islamique, du Covid-19 et de leurs nombreux avatars présents et à venir, seront accusés de tenir un discours de haine et seront donc censurés, condamnés et punis.

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Une approche littéraire, plus que médicale, nous permettrait peut-être de mieux comprendre le Covid-19.

Le Procès de Kafka, Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, 1984 de George Orwell, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, nous offrent quelques chapitres de notre vie future et les différentes images du totalitarisme mondialiste  qui se bâti peu à peu devant nos yeux : nous y découvrons (i) un pouvoir sans visage où les règles bureaucratiques absurdes et absconses donnent à la vie sa direction et sa plénitude ; (ii) une société régie par la science et la technologie où la volonté humaine est réduite à une pulsion libidinale ; (iii) un univers humain où s’opère l’inversion du monde réel et de l’irréel, où les mots veulent dire leur exact opposé de ce qu’ils signifient ; (iv) un monde où une jeune fille de 17 ans doit consulter un psychiatre parce qu’elle aime se promener en forêt et regarder les papillons voler. Autant de mondes dans lesquels nous finissons toujours surveillés et punis, après un long voyage au bout de la nuit.

Ces livres ont abreuvé notre éducation et devaient nous prémunir des mondes qu’ils annonçaient. Et pourtant, nos élites mondialistes, par une ironie sadique, ont utilisé ces livres comme autant de manuels pratiques pour faire advenir le Monde d’Après, celui de la Nouvelle Normalité.

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Nous avons été abandonnés par tous ceux qui feignaient de nous défendre et de nous protéger ou qui nous promettaient des combats justes et difficiles face aux excès et dérives de nos élites.

Pour une simple amende de 135 euros, les professionnels de la révolte et de la révolution, des revendications en tous genres (écologique, sociales, sociétales) se sont tus (pour ne pas dire aplatis sous le poids de leurs multiples lâchetés).

Leur grand combat, leur grande révolte a été de demander des masques gratuits pour tous. Leur indignation s’est limitée à une affaire de sous et d’égalité. Les plus audacieux d’entre eux se sont contentés de pointer ici ou là quelques dysfonctionnements et incompétences particulières. Ils sont restés chez eux.

Comme Sartre hier, ils ne se révoltent que lorsqu’il ne leur en coûte rien.

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Journal du monde réel (extrait – 28 mai 2039) :

« Les Âmes Féroces ont pris le contrôle de l’humanité pour en extirper ce qui la rendait humaine, le contact, la relation, l’échange, le partage, le regard, le toucher, le ressenti, le frisson, le parfum, le bruit et le souffle. Quand, il y a 15 ans, les Âmes Féroces ont interdit le bruit, lorsqu’elles ont décidé de supprimer les ondes sonores et de les annuler hors de leurs propres cénacles où s’est scellé le sort de l’humanité, personne n’a protesté, personne n’a paru étonné, ni peiné, ni fâché. Le bruit a disparu instantanément sans crier gare, sans pousser un cri, même sourd, de désespoir, comme une mort sans gloire et sans descendance. Le bruit, c’était le dernier espoir de pouvoir déjouer, même quelques secondes, l’interdiction de se rapprocher et de se voir. L’onde pouvait vous parvenir malgré la distance, malgré l’espace imposé entre les âmes et les corps. Un son perçu en appelait peut-être un autre et vous permettait de tenir des jours dans l’attente d’un écho lointain d’un autre être humain qui aurait pris le risque de vous communiquer des sons signifiant quelque chose d’intelligible et auxquels vous auriez pu espérer répondre. Le monde sans bruit a été la dernière étape avant le Confinement Total. Sans bruit, l’être humain n’arrive pas à échapper à sa solitude. Il est confiné en lui-même. »

À suivre …

 

Guillaume de Rouville

11 septembre 2020

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[1] https://www.weforum.org/great-reset/
[2] les GAFAM, l’autre nom de Big Brother

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